Question du lundi 13 février 2017

La grenouille chasse avec sa langue. Quel mécanisme lui permet d’attraper ses proies de manière aussi rapide et sûre?

Réponses

1 Sa salive change de viscosité en un clin d’œil

2 Un muscle à fibres ultrarapides au bout de sa langue

3 Ses yeux hypnotisent ses proies

Image relative à la question
Réponse 1 : Sa salive change de viscosité en un clin d’œil. Tout le monde aura assisté au moins une fois à ce tir précis, digne des meilleurs archers, avec pour seule arme une langue élastique et collante. Un geste quotidien et banal pour les grenouilles. La mouche, dont la rapidité est bien souvent source d’agacement pour les humains, n’a aucune chance d’y échapper. Ce n’est que récemment que les secrets de cette technique de chasse ancestrale ont été mis au jour par une équipe de chercheurs de l’Institut de technologie de Géorgie (USA). D’abord, le batracien peut compter sur une vitesse de frappe ahurissante: sept centièmes de secondes suffisent à finaliser l’enlèvement du diptère. Soit cinq fois moins de temps qu’il n’en faut pour un clignement de paupière. Second atout, une langue faite d’un des matériaux biologiques les plus souples et élastiques au monde. Une sorte de super parechoc. Lors de l’impact, la langue se déforme autour de l’insecte et absorbe les forces liées au choc. Si tel n’était pas le cas, la mouche serait en effet projetée au loin, à l’image du pied d’un footballeur qui heurte le ballon. Cette déformation permet également d’augmenter la surface de contact avec la mouche, assurant ainsi une meilleure prise. Reste l’arme ultime… une salive unique dont la viscosité change selon les forces qui s’exercent sur elle. Très visqueuse durant la projection, liquide au moment du choc, puis visqueuse à nouveau une fois dans la cavité buccale. Les chercheurs la comparent à de la peinture: d’un état liquide avec lequel elle enrobe les moindres aspérités de la paroi, elle devient rapidement solide pour ne pas couler lamentablement, même appliquée au plafond. Reste un point d’achoppement : la salive enrobant la langue redevient gluante une fois dans la bouche. Comment fait donc la grenouille pour ingurgiter l’insecte alors qu’il est fermement collé à sa langue ? Dépourvue de système de déglutition, elle utilise…. ses yeux. L’arrière des globes oculaires est directement en contact avec la cavité buccale. Un mouvement de ceux-ci donne l’impact nécessaire pour que la salive redevienne liquide et que le batracien puisse enfin ingurgiter son repas bien mérité. Pour en savoir plus: Article paru dans The Royal Society