Résultats des votes: Par le sens de la vue.: 9%, Par une combinaison des 5 sens.: 70%, Par un sixième sens.: 21%

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La bonne réponse est: 3. Par un sixième sens Nous pensons communément percevoir le monde extérieur grâce à cinq sens: la vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher et le goût. En réalité, les choses sont un peu plus complexes. Lorsque nous sommes en train de chuter, un sixième sens intervient: l’équilibrioception. C’est elle qui nous permet de sentir les mouvements de notre corps, la direction qu’il prend ou encore son accélération dans l’espace. En conjugaison avec la vue, ce sens régule également notre équilibre et nous empêche ainsi de tomber lorsque nous nous tenons debout ou que nous marchons. Il fonctionne en mesurant l’accélération créée par la gravité, qui pousse tout objet vers le centre de la Terre. La sensation de tomber ne passe pas que par la vue. Pour preuve, nous ressentons tout autant la chute dans des situations où il n’y a aucun repère visuel – par exemple lorsqu’on a les yeux bandés ou si l’on saute d’un point très élevé tel qu’un avion en plein vol. La même constatation s’impose lorsque l’on met notre théorie à l’épreuve des autres sens. Cette sensation de chute peut-elle être induite par le son sourd produit lorsque l’on passe à grande vitesse près d’un objet? Ou par l’effet du vent sur la peau ou dans les cheveux? En réalité, même avec un casque anti-bruit, une combinaison parfaitement hermétique et les yeux bandés, une personne sent, par son équlibrioception, qu’elle est en train de chuter. Les cinq autres sens le lui indiqueront seulement en référence à des objets extérieurs, dans un cadre de référence bien particulier. Ce sixième sens se loge dans le système vestibulaire. Situé dans le labyrinthe de l’oreille interne, celui-ci est le siège du sens de l’orientation spatiale. C’est lui qui nous rend conscient de la manière dont nous nous positionnons dans l’espace en fonction des effets de la gravité. Il fonctionne en analysant l’activité des fluides circulant dans deux canaux différents: l’un détectant les mouvements circulaires, l’autre l’accélération linéaire. Transmises ensuite au cerveau, ces données l’informent que le corps est en action. Une notion dépassée L’idée que nous avons cinq sens est perçue comme une évidence que nous ne questionnons pas. Elle est pourtant dépassée, arbitraire et simpliste. Historiquement, le thème a suscité des avis très contrastés. Les philosophes de la Grèce antique avaient des opinions différentes. Democritus pensait qu’il n’y avait qu’un seul sens, le toucher. Selon Aristote, il y en avait quatre: le toucher, l’odorat, la vue et l’ouïe. Avant lui, Platon soutenait qu’il y en avait plus de neuf, dont les seuls pouvant être décrits verbalement étaient la vue, l’odorat, l’ouïe, la température, le plaisir, la douleur, le désir et la peur. En réalité, Platon est celui qui s’approche le plus du nombre de sens reconnus aujourd’hui, puisqu’on considère qu’il y en a au moins neuf et peut-être jusqu’à plus de vingt. Le philosophe n’était pas loin de la vérité en imaginant un sens de la température et un sens de la douleur. La thermoception est la faculté de percevoir de manière consciente le chaud et le froid par la peau, mais qui est très différente du sens du toucher. La nociception est quant à elle la capacité à détecter la présence de blessures. Bien que souvent associée à elle, elle est très différente de la douleur, qui dérive du toucher. La proprioception nous permet d’être conscient de la position et l’endroit où se trouvent les différentes parties de notre corps. Tout le monde parvient en effet sans difficulté à toucher le bout de son nez ou quelque autre point de son corps, une fois les yeux bandés et même sans faire appel à aucun autre sens. La liste de ces neuf sens (comprenant les cinq les plus reconnus) pourrait bien ne pas être exhaustive, puisque les être humains ont aussi, notamment, la capacité de détecter le passage du temps, de sentir certaines fonctions corporelles internes ou de percevoir leurs propres pensées, indépendamment de tout autre sens. Impossible, à ce stade, de dire combien nous en avons exactement, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils sont bien plus que cinq.