Résultats des votes: Jouer aux échecs: 34%, Lire et écrire: 19%, Utiliser une tablette numérique: 46%

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Réponse : lire et écrire En effet, si l’on met de côté les effets inhérents à la plasticité du cerveau chez le petit enfant, l’âge d’apprentissage linguistique optimal correspond à la période qui précède le premier contact avec la langue écrite. L'introduction d'un code écrit renforce le poids et la prépondérance de la langue "première" ou maternelle par rapport à une éventuelle langue seconde et cette dernière devra aussi bénéficier d'un apprentissage de sa version écrite pour que les deux langues restent "à jeu égal"; sans cela, la phonologie de la seconde langue ne pourra pas trouver de support dans la version écrite de la langue maternelle. Admettons qu’un francophone de naissance essaye d'écrire les sons d'une phrase en anglais: itt' iz comm'pli queille teud. Même s’il y a plus de 6000 langues différentes de par le monde, la sensibilité à la phonologie humaine est universelle, un bébé avant 12 mois est sensible à tous les phonèmes et peut donc apprendre toutes les langues. En grandissant, il se focalise sur la langue dans laquelle il baigne et laissant de côté les phonèmes d’autres langues. Les rapports sociaux et affectifs sont, du reste, les premiers moteurs de l’apprentissage d’une langue. Cette propension à l’apprentissage oral s’affaiblit drastiquement après 10 ans. C’est pour cette raison qu’il est essentiel d’introduire une nouvelle langue le plus rapidement possible dans le cursus scolaire. Tout se passe dans le cerveau Pour comprendre la chanson du langage, appréhender le flux de paroles et les produire, les informations doivent passer par certaines régions du cerveau. Le cerveau est un organe très plastique. Les sons qui frappent l’oreille sont transmis aux deux régions - droites et gauches du cortex temporal ; le cortex gauche est plus sensible que le droit à de fines différences entre phonèmes proches (par exemple /pa/ et /ba/). Et la partie émettrice qui se situe dans le cortex frontal inférieur gauche – appelée Aire de Broca - pour l’émission de la parole. Une question de son Bien que les sons de la parole soient étroitement enchaînés les uns aux autres, il est possible d’en « disséquer » la structure. Pour prononcer, par exemple, le phonème B à la française, le larynx vibre, de l’ordre de quelques 30 millisecondes, un peu avant que les lèvres ne s’ouvrent pour que le son soit prononcé. En anglais ce n’est pas pareil ; le larynx, cette fois, vibre pile au même moment que l’ouverture des lèvres. Et c’est le travail du cortex frontal que d’établir un modèle pour chacun des phonèmes et l’indiquer au cortex moteur. Ainsi, pour que le cerveau de l’enfant bilingue puisse établir le bon modèle, il faut que chaque parent s’exprime dans sa propre langue et seulement dans celle-ci : papa toujours en anglais et maman toujours en français, par exemple. Quelle est la fréquence ? Les fréquences typiques (ou spectre sonore) d’un même phonème (par exemple le son écrit « u » en français) diffèrent suivant la langue. Des études comparatives ont été menées sur les spectres du « u » dans plusieurs langues européennes comme le français, l’allemand, le hongrois et le finlandais. La composition des différentes fréquences harmoniques du spectre pour le « u » génère en allemand un son plus grave que le « u » finlandais. Cela ne représente normalement pas une barrière à l’apprentissage d’une langue. En revanche, les enfants dyslexiques ont souvent des problèmes pour apprendre à différencier les phonèmes de leur langue maternelle et a fortiori ceux d’une autre langue. Etonnamment, ces difficultés ne sont pas liées au fait qu’ils entendent trop peu de différences mais qu’au contraire, et même pour leur langue maternelle, ils on tendance à faire des distinctions entre des variations sonores qui restent dans le domaine d’un seul et même phonème (ils sont ainsi sensibles à des différences qu’un non-dyslexique négligerait complètement). Cet excès de discrimination sonore crée finalement un environnement de parole trop complexe et le challenge devient intenable lorsque les sons d’une autre langue entrent en jeu ! Il va sans dire aussi qu’il est difficile d’apprendre les correspondances entre tant de sons différents et le répertoire très limité des 26 lettres de notre alphabet. Remerciements au Pr J-F Démonet, directeur du Centre Leenaards de la mémoire du CHUV