Résultats des votes: le lactose accumulé au cours d’une vie: 2%, la présence de peroxyde dans le cuir chevelu: 11%, l’épuisement des réserves de mélanine dans leur bulbe: 87%

Image relative à la question

La bonne réponse est : la production de peroxyde dans le cuir chevelu Signe de sagesse pour les uns, début de la décrépitude pour d’autres, le grisonnement des cheveux – canitie en langage savant – guette au contour l’ensemble des êtres humains dès l’âge adulte (mais généralement plutôt au-delà de la trentaine). Bien que des scientifiques de tous horizons se soient intéressés à la question depuis des millénaires, ce n’est qu’en 2009 qu’une étude britannique* fréquemment citée a pu décrire le mécanisme qui expliquerait l’essentiel du phénomène. Fait intéressant, au cours du processus intervient une substance bien connue des personnes qui se décolorent volontairement les cheveux : de l’eau oxygénée, ou peroxyde d’hydrogène (H2O2). Naturellement présent dans l’organisme, le peroxyde est généralement transformé par des enzymes, essentiellement des catalases, capables d’en extraire un atome d’oxygène – jouant alors un rôle d’anti-oxydant. C’est ce qui se produit avec succès lors des premiers cycles de pousse des cheveux : au niveau du bulbe, les cellules souches qui créent le poil peuvent compter sur l’appui de mélanocytes – des cellules spécialisées produisant des mélanosomes, riches en mélanine. Ce phénomène confère une couleur aux poils, mais aussi à la peau. Des dysfonctionnements graves peuvent s’exprimer par des maladies telles que le vitiligo. Chaque cheveu « dure » en moyenne 3 années et demie. Après ce délai, il tombe et se voit remplacer par un nouveau, issu du même follicule. Cela signifie que c’est en général après une dizaine de cycles complets, ou 35 ans, que le processus de pigmentation du cheveu commence à se dégrader. A noter qu’une détérioration de l’activité des mélanocytes ne se produit jamais en cours de pousse. On n’observera pas un cheveu bicolore : il sera coloré ou non dès ses premiers jours. Comment se fait-il toutefois que la coloration des cheveux « tienne » jusqu’à vingt cycles chez certains, alors qu’elle perd son efficacité dès trois fois plus vite chez d’autres ? Plusieurs facteurs sont en mesure d’accélérer ou non le processus. Les mélanocytes ont la fâcheuse particularité d’accumuler les facteurs de stress oxydatif. Le rayonnement ultraviolet ou même des situations de stress généralisé peuvent leur être fatals. Ils sont en outre génétiquement plus ou moins résistants. Mais sitôt qu’ils ont perdu leur capacité antioxydante, le résultat ne se fait pas attendre: le peroxyde s'installe, tue ou endommage les mélanoyctes, résultant dans la pousse d’un cheveux gris (pauvre en mélanine) ou blanc (dépourvu de toute mélanine). Ce phénomène s’accompagne toutefois d’une bonne nouvelle. S’ils devaient accumuler leur stress oxydatif plus longtemps, les mélanocytes auraient un risque plus élevé de muter en cellules tumorales. Leur élimination, qui se manifeste par le grisonnement des cheveux, serait donc un mécanisme de défense contre ce danger. * Senile hair graying: H2O2-mediated oxidative stress affects human hair color by blunting methionine sulfoxide repair, J. M. Wood et al, the Journal of the Federation of American Societies for Experimental Biology, 2009. Une revue extensive des recherches liées à cette question été publiée en 2013 dans l’International Journal of Cosmetic Sciences.