Résultats des votes: Dans un estomac dédié: 19%, Dans leur(s) bosse(s): 69%, Dans leur sang: 13%

Bonne réponse: dans leur sang.

Qu’ils soient dromadaires – de très loin les plus fréquents – ou chameaux à deux bosses, ces camélidés ont pour point commun d’être capable d’accumuler d’importantes réserves d’eau, leur permettant de survivre plusieurs jours, voire deux semaines sans boire. Ils supportent une déshydratation supérieure à 30% de leur masse corporelle, alors qu’une perte de 15% est mortelle pour la plupart des autres vertébrés.

Ils sont aussi capables de « refaire le plein » à une vitesse inégalée, et dans des volumes qui conduiraient à la mort n’importe quel autre mammifère : en une dizaine de minutes, un dromadaire adulte est ainsi capable d’absorber près de 120 litres d’eau, correspondant aux 30% de leur masse perdue.

Pour survivre à ce déluge interne, l’organisme des chameaux bénéficie d’une forme particulière de globules rouges. Oblongs plutôt que circulaires, leurs érythrocytes continuent à fonctionner même dans un sang particulièrement épaissi, et jouissent d’une élasticité largement supérieure – ils peuvent gonfler jusqu’à 240% de leur taille la plus petite ! – à ce qui a été observé chez les autres mammifères. Cette capacité d’absorption évite un éclatement des globules (hémolyse) sous la pression d’un important apport d’eau dans les veines.

Si cette caractéristique est ce qui permet à ces camélidés de supporter des cycles extrêmes de déshydratation et de réhydratation, l’évolution les a en outre dotés de toute une batterie de spécialités physiologiques qui les rendent particulièrement économes en eau. Sous des climats torrides, ils peuvent ainsi supporter de très grandes variations de température corporelle au cours de la journée : de 34°C le matin à plus de 41°C au plus chaud de l’après-midi. A contrario, la plupart des autres espèces régulent activement leur fièvre par la sudation – grande consommatrice d’eau. Les chameaux sont en outre pourvus de reins particulièrement efficaces pour récupérer l’eau des urines et les réinjecter dans le flux sanguin. Enfin, leurs narines peuvent être refermées de manière à récupérer la vapeur d’eau contenue dans l’air qu’ils expirent.

A noter que les bosses, elles, ne contiennent que de la graisse, et fonctionnent donc essentiellement comme réserves d’énergie.

 

Références:

K. Perk, The Camel's Erythrocytes, Nature, 1963

I. Köhller-Rollefson, Camelus Dromedarius, Mammalian Species, 1991

B. Ali Zareil Yam & M. Khomeiri, Introduction to Camel origin, history, raising, characteristics, and wool, hair and skin: A Review, Research journal of Agriculture and Environemental Management, 2015