Résultats des votes: Une colonie qui se prépare à migrer ;: 34%, Une guerre entre colonies voisines ;: 8%, Pour leur seule et unique chance au sexe.: 59%

 

Pour une chance au sexe, la seule et unique fois de leur vie . Eh oui !

Les nuées de fourmis ailées que l’on remarque en été sont en fait des vols nuptiaux, aussi appelés essaimages. Pendant ces vols, les fourmis mâles s’accouplent avec les futures reines, femelles encore vierges, également ailées mais bien plus grandes, et aussi appelés gynes. Les mâles cherchent, en plein vol, à accrocher et inséminer une femelle. Les couples formés tombent au sol une fois la copulation commencée.

Lors de l’essaimage une femelle s’accouple, selon l’espèce, avec un ou plusieurs mâles venus généralement d’autres nids. Elle démarre sa nouvelle colonie avec le sperme collecté, qu’elle stocke aussi en réserve dans son abdomen, parfois jusqu’à 30 ans. Elle arrache ses ailes et nourrit ses premiers petits à l’aide de réserves puisées des muscles de vol devenus inutiles, puis consacre le reste de sa vie à pondre des œufs pour sa colonie. Pour la reine, c’est donc une petite journée d’amour suivie de toute une vie de dur labeur.

Le mâle quant-à-lui meurt souvent peu après la nuit de noces, son seul et unique rôle dans les sociétés de fourmis étant de féconder les futures reines. Comme nous l’explique Adria LeBoeuf, biologiste spécialiste des fourmis, « bien que les mâles meurent physiquement, ils survivent d’un point de vue génétique sous forme de sperme stocké dans l’abdomen des reines. »

Comment les fourmis savent-elles exactement quel jour s’envoler ? Les scientifiques n’ont pas encore de réponse précise. L’humidité de l’air, la chaleur et la saison jouent un rôle important, mais les conditions requises varient d’une espèce de fourmis à l’autre. C’est d’autant plus intriguant que même les fourmis en zones constamment humides arrivent à coordonner leur vols nuptiaux ! Car pour permettre l’accouplement entre individus de colonies différentes, celles-ci doivent synchroniser leurs sorties. On sait que les fourmis communiquent beaucoup au sein d’une même colonie, par exemple pour trouver de la nourriture et décider où construire un nouveau nid[2], ou encore sur le nombre de nouvelles ouvrières à produire[3]. Mais dans le cas du vol nuptial il est probable que les signaux environnementaux influencent chaque fourmi ailée indépendamment des autres.

Les colonies de fourmis se reproduisent un peu à la façon des arbres[1]: Une fois l’an, par un jour d’été plutôt humide et chaud, les colonies relâchent une grande quantité de mâles (comme du pollen) et de femelles non fécondées (des graines). Les « graines »sont fécondées par le « pollen » voisin et démarrent un nouvel « arbre ».

Qu’en est-il des guerres et des migrations ? Adria LeBoeuf nous explique que « les colonies de fourmis restent en général au même endroit, mais s’il leur arrive de devoir déménager, elles le font à pied.  Pareil pour les guerres. Les fourmis sont très territoriales et se battent souvent avec d’autres colonies, mais seulement sur la terre ferme et les fourmis ailées ne sont jamais en première ligne. »

 

[1] http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/1365-2435.12617/full

[2] http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2214574514000935

[3] https://elifesciences.org/articles/20375