Résultats des votes: Verdoyant, des hippopotames s’y épanouissaient: 47%, Sa superficie était deux fois moins importante qu'actuellement: 47%, Un vent rasant donnait une forme applatie aux dunes: 6%

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Réponse 1 : Il y a 6000 ans, le Sahara était une immense savane tropicale percée ici et là de lacs où vivaient notamment gazelles, éléphants,hippopotames et autres gros gibiers (cervidés, bovidés). Des hommes y ont également habité comme en témoignent des peintures rupestres. Les conditions désertiques telles qu’on les connaît ne datent d’ailleurs que de 2500 ans tant la réponse des écosystèmes terrestres au bouleversement climatique de la fin de cette période humide ont été progressifs. A la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 15'000 ans, l’augmentation rapide des températures d’environ 5 degrés dans l’hémisphère nord a engendré un phénomène de mousson qui s’étendait jusqu’au Sahara. A l’image de ce qui se produit encore aujourd’hui en Asie du sud notamment, lorsque la terre se réchauffe plus rapidement que l’océan, l’air chaud monte et crée une dépression. L’air plus frais venu de l’océan s’engouffre dans celle-ci, provoquant des vents parfois violents et des pluies abondantes. Suffisamment pour laisser place à une nature verdoyante. Si les climatologues s'accordent sur le fait que cette période humide épisodique a pris fin il y a un peu moins de 6 000 ans, le processus de désertification qui a suivi reste assez mal connu. Les modélisations ont longtemps laissé penser que ce changement avait eu lieu en quelques dizaines d’années en raison d’une baisse de l’ensoleillement. Or si le phénomène est bien lié à une baisse des températures et à l’arrêt des moussons, une étude menée par des chercheurs européens, canadiens et américains, publiée en 2008 dans la revue Science, a révélé la lenteur du phénomène. C’est l'analyse des différentes couches de sédiments dans le lac Yoa, au Tchad, prélevées jusqu’à neuf mètres de profondeur, qui a révélé l’évolution de la région. Plus particulièrement l’observation des différents grains de pollen contenus dans les échantillons a permis de comprendre précisément quelles plantes poussaient à quel moment. La végétation tropicale le long des cours d’eau a diminué progressivement, avant de disparaître il y a 4 700 ans et le désert que nous connaissons aujourd’hui s’est installé il y a environ 2 700 ans. Plusieurs facteurs sont responsables de cette évolution lente, dont l’adaptation de certaines plantes aux nouvelles conditions climatiques ainsi que le rôle joué par les plantes elles-mêmes dans le système climatique. Ces dernières facilitent notamment le transfert d’eau du sous-sol vers l’atmosphère et de ce fait réduisent la réflexion du rayonnement solaire. Petit à petit le sable a donc pris possession de 20% de cette région plus grande que l’Australie. Mais d’où vient-il ? C’est lors de la période humide qu’il a été transporté par les grands cours d’eau depuis les océans. Le vent emporte ensuite le sable et le réparti lors des périodes sèches. Le Sahara a en fait été verdoyant à plusieurs reprises au cours de l’histoire… un nouvel épisode fertile est-il envisageable ? C’est en tout cas ce que pensent plusieurs climatologues spécialistes du désert, dont Stefan Kropelin, de l’Université de Cologne en Allemagne et principal auteur de l’étude parue dans la revue Science. Le réchauffement climatique renforce les moussons et les conditions auraient tendance à se rapprocher de celles de la fin de la période glaciaire. Le chercheur allemand pense même que ce changement a déjà commencé en certains endroits. En s’appuyant sur des visites effectuées ces 20 dernières années dans certaines des zones les plus reculées et les moins peuplées du désert, il constate un changement du paysage, constatant que là où il n’y avait pas âme qui vive sur des dizaines de kilomètres, il y a maintenant de l’herbe. Mais les avis des spécialistes du domaine restent très partagés.