Question du lundi 26 octobre 2015

Pour produire toute l’électricité utilisée en Suisse rien qu’avec des capteurs solaires, il faudrait en recouvrir...

Réponses

1 ... toute la partie suisse du lac Léman;

2 ... l’intégralité des autoroutes nationales

3 ... 1,6 fois la superficie totale du pays

Image relative à la question
Réponse : toute la partie suisse du Léman, soit 345 km2, serait nécessaire. En 2014, les Suisses ont consommé 61'787 GWh d’énergie sous forme d’électricité. Un chiffre impressionnant, bien qu’en baisse par rapport aux années précédentes, qui tient compte autant des ménages (moyenne de 5200 kWh par an) que de l’industrie et des chemins de fer. Cette énergie provient pour l’essentiel (56,4%) des centrales hydrauliques, suivies par les 5 centrales nucléaires du pays (37,9%). Les énergies renouvelables autres que l’eau ne comptent que pour 2,2% de la production indigène. A noter que le bilan global, en 2014, fait état d’un solde exportateur de 5'491 GWh – signifiant que l’on produit en Suisse davantage que l’on ne consomme. Si, par hypothèse, on voulait remplacer toutes les sources d’énergie en Suisse par des capteurs solaires, la surface à occuper serait considérable : 363 km2 avec des panneaux de qualité, affichant un rendement de 18%. Soit plus de la moitié du lac Léman. Autre image: un ruban de capteurs qui traverserait le Plateau de Genève à Constance devrait mesurer plus d’un kilomètre de large pour satisfaire aux besoins des Suisses. La surface totale des autoroutes, estimée à 54 km2, ne permettrait de compenser que le tiers de ce que produisent les centrales nucléaires. La question n’est bien sûr que théorique, et l’on ne doit pas se décourager. On sait de longue date que le tournant énergétique et la sortie du nucléaire passeront par une combinaison de multiples sources, et par le recours à des installations de stockage d’énergie destinées à faire correspondre l’offre et la demande. Celles-ci prendront de nombreuses formes, des batteries industrielle du type de celle inaugurée ce 26 octobre sur le campus de l’EPFL (www.epfl.ch) jusqu’aux grandes installations de pompage-turbinage, qui font remonter de l’eau dans les lacs de barrage lorsque la production est trop importante. Un calculateur mis au point par l’EPFL, «Swiss Energyscope», permet d’ailleurs de réaliser des simulations. Les questions énergétiques seront au cœur du prochain Festival Scientastic, le 21 novembre à l’EPFL. Cliquez ici pour tout renseignement et pour vous inscrire aux ateliers.