Résultats des votes: A cause du ralentissement de la rotation de la Terre: 51%, C’est un effet inattendu du réchauffement climatique: 29%, Il est poussé par les vents solaires : 20%

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La bonne réponse est: 2. C’est un effet inattendu du réchauffement climatique. La Terre ne tourne pas tout à fait rond. Ses mouvements de rotation, tant autour du soleil que sur elle-même, sont sujets à de multiples oscillations. Elles sont le plus souvent dues à l’effet de gravité des objets célestes environnants, notamment la Lune, le Soleil ou encore Jupiter. Le phénomène est un peu à l’image d’une toupie qui, subissant les frottements de l’air, commence à tanguer peu après avoir été lancée. Mais la comparaison n’est pas complète. Car, à la différence du jouet, notre planète n’est pas un corps totalement rigide, et peut donc se déformer. De plus, elle est dotée, à sa surface, de masses mouvantes – telles que l’eau et l’atmosphère. Et ces caractéristiques ont également une influence sur la rotation de la Terre. C’est ce qu’en ont conclu des chercheurs du Jet Propulsion Laboratory, au Caltech, dans une étude parue en 2016 et portant sur un déplacement inhabituel, depuis le début du nouveau millénaire, des pôles géographiques Nord et Sud. Ces deux points, qui représentent les endroits où l’axe de rotation de la planète sur elle-même croise sa surface, ne sont pas absolument fixes. Leur position, qui fait l’objet de mesures précises depuis la fin du 19e siècle, a toujours évolué. Mais cela se passait jusqu’ici de manière constante et toujours selon des modèles précis et prédictibles. Or, dès 2005, les scientifiques ont constaté un changement de direction de la trajectoire du pôle Nord. Alors qu’il dérivait jusque là en direction de Montréal, au Canada, à raison d’environ 6 centimètres par an, il a bifurqué à l’est, pointant désormais vers le Groenland et l’Europe. De surcroit, sa vitesse de déplacement s’est accélérée, passant à 27 centimètres par année. Nouvel équilibre Selon ces chercheurs, c’est clair: il s’agit là d’un effet du réchauffement climatique. Pour comprendre les origines du phénomène, l’équipe scientifique a utilisé les données fournies entre 2003 et 2015 par les satellites GRACE – pour Gravity Recovery And Climate Experiment -, dont la mission est de mesurer les variations du champ gravitationnel et de la répartition des masses à la surface de la Terre. En analysant les informations de ces satellites, ils ont ainsi pu établir que ce changement de cap du pôle nord coïncidait exactement avec le début de la décennie la plus chaude jamais enregistrée et où le changement climatique et la fonte des glaces, notamment en Arctique, se sont notablement accélérés. On assiste donc, depuis, à un transfert et une nouvelle répartition des masses d’eau présentes dans l’atmosphère, les mers et océans, les glaciers, les calottes glaciaires et banquises polaires. En plus de la fonte des glaces, les chercheurs citent également un déplacement à grande échelle de liquide dans les sols, et en particulier un assèchement des lacs en Europe et en Asie, notamment dans la région de la mer Caspienne et en Inde. C’est ce qui expliquerait le glissement de l'axe de rotation dans cette direction, celui–ci ayant logiquement tendance à pointer vers l’endroit où la perte d’eau a eu lieu. Sans oublier que l’augmentation des températures a également entraîné une évaporation générale plus importante, changeant également les équilibres entre l’eau présente sur la terre ferme et dans l’atmosphère. Remerciements à James Badro, collaborateur scientifique au Laboratoire des sciences de la Terre et des planètes de l’EPFL.