Résultats des votes: De leurs semblables : 29%, Ils sont alimentés par leur cordon ombilical: 22%, Ils ont un accès direct au contenu de l’estomac de leur mère: 48%

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Réponse 1: Ils se nourrissent de leurs semblables. Les deux poches de l’utérus des femelles requins tigres ressemblent à d’horribles champs de bataille. Longs comme un doigt, ils commencent déjà à s’attaquer à leurs colocataires. Et l’issue est sans appel: il en restera deux, un dans chaque poche. Les autres auront été dévorés. Cette alimentation peu commune ainsi que l’absence de potentiels « gêneurs » leur profite particulièrement bien puisqu’ils mesurent jusqu’à un mètre à la naissance. Soit presque la moitié de la taille d’une femelle. Une carrure qui leur assure un excellent taux de survie une fois nés. Rares sont les prédateurs qui osent tenter le coup. D’après la légende, cette particularité des requins tigres a été découverte dans les années 80 après qu’un chercheur américain se soit fait mordre par un embryon alors qu’il observait la carcasse de sa mère. Des recherches plus récentes ont tenté de lever le voile sur l’utilité de ce comportement. Des spécialistes, dont l’article est paru en 2013 dans Biology Letters, se sont demandé si ce cannibalisme embryonnaire servait à la sélection génétique. S’agit-il d’exclure tous les géniteurs sauf un ? En analysant l’ADN de femelles requins tigres malencontreusement échouées dans des filets en Afrique du Sud et celui de leur progéniture in utéro avant la fin de ce processus de cannibalisme, les chercheurs se sont rendu compte que 60 % des femelles avaient copulé avec plusieurs mâles. Or en analysant le profil génétique des petits cannibales prêts à naître, ils ont remarqué que 60% d’entre eux avaient le même père. Il semblerait donc que des mâles peuvent être éliminés après la fertilisation. Mieux même, les femelles feraient un choix diplomatique. Les chercheurs ont constaté que les copulations de requins étaient particulièrement violentes et émaillées de morsures. Résister étant plus risqué que d’accepter des saillies supplémentaires, les femelles se laissent faire. Mais il pourrait s’agir là, d’après ces chercheurs, d’une abdication de façade. Elles se laisseraient en effet saillir par le mâle de leur choix en premier. Les requineaux issus de ces premiers œufs arriveront à maturation plus tôt et débuteront ainsi leur carrière de cannibale avant ceux des viennent-ensuite qu’ils se feront un plaisir de dévorer. Finalement, précisons à la décharge de ces petits requins dont le comportement peut paraître pour le moins cruel d’un point de vue humain, que ce cannibalisme semble généré par la faim. Les femelles migrent en effet vers des eaux plus chaudes lorsqu’elles ont été fécondées, afin de favoriser le développement de leur progéniture. Ces eaux tempérées les rendraient si apathiques qu’elles en oublieraient de s’alimenter. Ainsi privés d’un arrivage frais de nutriments, les requineaux, dotés déjà de dents bien acérées, s’attaqueraient donc à ce qu’ils ont à portée de mâchoire. Lire l'article dans Biology Letters