Question du mardi 23 janvier 2018

Au fil des ans, l’ouïe des chouettes...

Réponses

1 s'améliore

2 reste inchangée

3 se dégrade

Bonne réponse: 2, elle reste inchangée. 

© iStockphotos

En vieillissant, un humain perd progressivement ses capacités auditives de manière plus ou moins marquée selon les individus. La perception des hautes fréquences, au-dessus de 8 kHz, est la plus affectée, ce qui se traduit par une perte de la perception des sons aigus. Ce phénomène appelé presbyacousie découle notamment de la dégénérescence d’une partie de l’oreille, plus précisément des cellules ciliées externes de la cochlée. Celles-ci permettent à notre oreille interne d'amplifier les sons qu'elle reçoit et l'aide à les discriminer.

Ce déficit sensoriel n’est pas propre à l’humain. Il a aussi été observé chez les mammifères que sont  les souris, les chinchillas et les gerbilles. Mais est-ce également le cas chez les autres animaux ? Et bien non. Des études ont montré que chez les poissons, les amphibiens et les oiseaux, des cellules ciliées peuvent être produites tout au long de leur vie. Ils ont donc la capacité de régénérer les cellules dégradées. En conséquence, ils ne devraient pas souffrir de dégénérescence auditive liée à l’âge.

Pour vérifier cette hypothèse, des chercheurs de l'Université allemande d'Oldenbourg se sont intéressés au cas de la chouette effraie, un rapace connu pour avoir une ouïe particulièrement fine. Dans leur étude, les scientifiques ont testé l'audition de sept chouettes effraies d'âges différents. Les oiseaux ont été entraîné à aller se poser sur une perche pour recevoir de la nourriture lorsqu’elles entendaient un son. Toute la gamme auditive de la chouette a été testée avec ce processus. Résultat, aucune différence notable entre l'audition des plus jeunes chouettes effraies et de la plus âgée - 23 ans d’âge - n’a été constatée. A noter que dans la nature, les chouettes n’atteignent pas cet âge vénérable et ne vivent que 3 à 4 ans. Ces résultats concordent avec une précédente étude qui avait examiné la perte d’audition liée à l’âge chez les étourneaux sansonnets.

A terme, les auteurs de l’étude espèrent que la compréhension du processus de régénération des cellules ciliées permettra de trouver des solutions innovantes pour traiter la perte d'audition chez les êtres humains.

 

SOURCE : Proceedings of the Royal Society of London B