Question du lundi 28 mai 2018

Comment faisaient les vikings pour s’orienter lorsqu’ils naviguaient ?

Réponses

1 La force et la direction des vagues leur indiquaient le chemin

2 Ils voyaient le cap à suivre dans un cristal

3 Les capitaines avaient un sens de l’orientation aiguisé

Réponse 2: Ils voyaient le cap à suivre dans un cristal

Les voiles gonflées par le vent, le drakkar affronte avec assurance les hautes vagues des mers du Nord et d’ailleurs. À son bord, comme le veut le cliché, de costauds et courageux vikings s’en vont à la conquête de nouvelles contrées parfois fort lointaines. Certains spécialistes estiment qu’ils auraient même posé le pied sur le continent américain 500 ans avant Christophe Colomb et plusieurs centaines d’années avant l’introduction de la boussole en Europe. Difficile cependant de se fier aux astres ou aux étoiles dans une région où le soleil brille plus de 20h par jour en été et où la couverture nuageuse est fréquente. S’ils n’ont pas perdu le Nord, c’est grâce à un cristal dont le secret résidait davantage dans les lois de la physique que les arts divinatoires.

Les récits de l’époque mentionnaient parfois une certaine « pierre de soleil ». Connaissant les propriétés d’un cristal appelé Spath d’Islande, un chercheur a pour la première fois fait le rapprochement dans les années 60. Ce minéral, relativement fréquent dans les pays scandinaves, a la particularité de dédoubler les signaux lumineux qui le traversent. Un des deux rayons est plus faible que l’autre, sauf quand l’observateur aligne le cristal avec la source lumineuse. Dans ce cas, les deux rayons paraissent avoir la même intensité. Il est ainsi possible de déterminer la position du soleil. Et ce système fonctionne même par temps couvert.

Pour vérifier cette hypothèse, des chercheurs français ont mis au point, en 2011, un programme informatique où les algorithmes jouent le rôle des bateaux vikings. Ils les ont fait voyager des milliers de fois entre la Norvège et le Groenland. Trois grandes variables ont été instaurées : la couverture nuageuse, le type de minerai utilisé comme « pierre de soleil » et le nombre de fois par jour où le navigateur virtuel vérifiait sa trajectoire avec celui-ci. Les chercheurs ont constaté qu’en sortant sa « pierre de soleil » toutes les trois heures, l’équipage arrivait presque à coup sûr à bon port (entre 92 et 100% du temps). S’il ne sortait sa boussole solaire qu’ une fois toutes les quatre heures le succès des expéditions n’atteignait que 32 et 59%. En diminuant encore la fréquence, l’équipage se perdait en mer.

Ces résultats montrent donc que l’hypothèse des années 60 est fonctionnelle. Aucun spath d’Irlande n’a été retrouvé dans les bateaux vikings mais un exemplaire gisait près des outils de navigation d’un navire anglais. Les épaves de drakkars n’ont peut-être pas fini de révéler leurs secrets.

Article paru dans « Proceedings of the royal society » : http://rspa.royalsocietypublishing.org/content/468/2139/671