Question du lundi 4 juin 2018

Pourquoi certaines roses ne sont-elles pas parfumées ?

Réponses

1 Elles ne sont pas endémiques

2 Elles ont été réfrigérées

3 Il leur manque un gène

À la vue d’une rose l’instinct nous pousse à nous pencher et à la renifler, parfois, elle ne sent rien. Les roses ont perdu leur parfum dès les années 50 quand on a voulu modifier les fleurs pour rendre leurs pétales plus solides, capables de supporter le frigo. Le processus a été appliqué aux roses coupées puis aux rosiers des jardins. Aujourd’hui, la tendance s’inverse car les amateurs ne veulent plus seulement une belle rose, ils l’espèrent odorante.

Les roses sauvages produisent du parfum pour attirer les insectes et être butinées, elles expriment aussi des molécules répulsives pour ne pas être mangées. Ce sont ces centaines de molécules volatiles qui viennent se fixer dans les récepteurs de notre nez lorsqu’on les respire. En serre, c’est l’homme qui pollinise les plantes et les modifie en fonction des attentes du client, des tendances. À force de sélections, de bouturages, certaines roses n’ont même plus d’étamines, sont devenues stériles voire sans parfum.

Quelle est l’origine de ce parfum ? La question n’est pas anodine, il a fallu retourner dans les laboratoires pour percer son secret. En comparant les gènes des roses parfumées à celles sans arôme, des scientifiques français ont réussi à découvrir un gène, la Nudix hydrolase RhNUDX, très présent dans les roses odorantes et absent dans celles sans parfum. Étonnamment, ce gène n’est pas spécifique aux roses et existe dans de nombreuses plantes, mais aussi dans les bactéries et même dans les êtres humains. Il sert habituellement à détoxifier les cellules. La rose utilise ce gène différemment, elle s’en sert pour fabriquer du géraniol un élément du parfum.

Pour redonner du parfum aux roses, sans les transformer génétiquement, il faudra s’armer de patience et aider les croisements entre fleurs odorantes et fleurs sans fragrance, certaines présenteront la combinaison tant espérée qui allie robustesse et parfum. Mais de nombreuses recherches seront encore nécessaires pour identifier les deux gènes impliqués dans ce processus.

Article paru dans Nature
http://science.sciencemag.org/content/349/6243/81.full?ijkey=W2JBniOQqRwjY&keytype=ref&siteid=sci