Question du lundi 18 juin 2018

Proportionnellement, les fils de soie d’araignée sont…

Réponses

1 Plus résistants que l’acier

2 Plus lourds que le plomb

3 Plus radioactifs que le radon

La bonne réponse est: 1. plus résistants que l’acier.

Elles sont plutôt mal aimées. Pourtant, les araignées sont des êtres fascinants à bien des égards. Elles intéressent d’ailleurs de plus en plus les scientifiques. Car non seulement ces arachnides remplissent un important rôle écologique en régulant les populations d’insectes, mais leur soie est dotée de propriétés exceptionnelles, qui la font figurer parmi les matériaux les plus en vue actuellement. Ultra résistants – jusqu’à cinq fois plus que l’acier et dix fois plus que le kevlar selon les sources -, leurs fils sont aussi d’une remarquable élasticité, extrêmement légers, très fins et d’une facture régulière.

La soie d’araignée pourrait donc à l’avenir être utilisée dans des domaines extrêmement variés: fibres textiles, matériel sportif, gilets pare-balles, fils de suture et pansements, cordes pour instruments de musique, câbles de traction, mais aussi fibres optiques, et bien d’autres encore. Tout récemment, l’Université de Genève a par exemple annoncé avoir incorporé un vaccin dans une microparticule de soie d’araignée (voir le communiqué). Comme cette matière est très difficile à produire en grande quantité, certaines sociétés ont tenté de la synthétiser, non sans un certain succès, et commencent à la commercialiser. Mais on est encore loin de ce que ces petites bêtes sont capables de réaliser…

Au naturel, la production de la soie est un phénomène très complexe. Les araignées la fabriquent grâce à de véritables petites usines internes. Tout commence dans des glandes dites séricigènes. Situées dans la partie postérieure de leur abdomen, celles-ci produisent les protéines dont les fils sont essentiellement composés. Ces protéines, essentiellement des fibroïnes et des séricines, s’enchevêtrent de telle sorte qu’elles forment à la fois des zones cristallines assez rigides – sous la forme de feuillets bêta – et des zones amorphes moins organisées et plus souples. Ce sont leurs interactions qui donnent à la soie d’araignée ses caractéristiques si exceptionnelles à la fois de remarquable résistance et de grande élasticité.

Huit sortes de fil

Les protéines secrétées par les glandes séricigènes sont tout d’abord stockées sous forme liquide dans l’abdomen de la bête. Cette matière brute se structure et se solidifie lors de son passage dans les organes sécréteurs, qui ont la forme d’un dédale de conduits où l’eau est évacuée. Elle aboutit ensuite à des tuyaux très fins, les filières, terminés par les fusules, de petites protubérances débouchant à l’extérieur. De là sortent les fibrilles, soit de minuscules fibres servant ensuite à tisser le fil.

Suivant l’utilisation qu’elles en font, les araignées peuvent produire jusqu’à huit sortes de fil, issus chacune de glandes différentes. Ils seront ainsi plus ou moins épais, longs ou collants selon le but de l’animal: faire un piège à proies ou les emprisonner après leur capture, construire la base ou le centre de la toile, marquer leur territoire ou se déplacer, confectionner des sacs incubateurs pour ses œufs ou tapisser un abri.

Quelques vidéos pour en savoir plus:

https://www.youtube.com/watch?v=i4VyJ2wSJjo

https://www.youtube.com/watch?v=tMkFWP0Cvjk

https://www.youtube.com/watch?v=kiiuEvONFAc