Question du lundi 6 août 2018

Pour créer des répliques d’objets précieux métalliques, les musées…

Réponses

1 utilisent la galvanoplastie, un processus d’électrodéposition

2 engagent des artistes spécialisés.

3 emploient l’impression photo-pigmentaire.

Bonne réponse: 1. La galvanoplastie permet de reproduire des objets en métaux précieux par électrolyse.

Pour certaines pièces de valeur, les musées réalisent des copies. Dans les vitrines, les répliques prennent alors la place des originaux (et on y voit que du feu). Pour les pièces de monnaies, médailles, bustes, plaques sculptées et autres objets métalliques, la technique utilisée est la galvanoplastie. Ce procédé permet de déposer, par électrolyse, une couche de métal sur un support. Dans ce cas-ci, il s’agit d’un moule de la pièce à copier : on parle alors d’électroformage.

«Initialement, le métal se trouve sous forme de sel dans une solution, en général de l’eau, explique Grégoire Genolet, ingénieur en microtechnique. Lorsqu’une tension électrique est mise entre deux électrodes trempées dans la solution, un courant va passer à l’intérieur de cette dernière. Une réaction électrochimique d’oxydo-réduction va se produire au niveau des électrodes. Le métal de l’anode va s’oxyder et se retrouver dans la solution et à la cathode, le métal va se réduire (gagner des électrons) et se déposer sur cette dernière.» Le moule que l’on aura mis sur la cathode sera alors rempli de métal, atome par atome. Résultat : une réplique exacte. Il n’est pas possible d’avoir une reproduction plus fidèle que ça.

La galvanoplastie permet donc de créer des objets entièrement métalliques, mais on peut également utiliser cette technique pour le traitement de surface, pour décorer ou protéger un objet en déposant une fine couche à sa surface ou en prendre l’empreinte.

Un procédé connu de longue date

Le processus est connu depuis longtemps. En 1837 déjà, le physicien russe Boris Jacobi publiait sur le sujet. Parmi les exemples fameux, citons la Porte du Paradis du baptistère de Florence. Une copie répliquée par électroformage a été installée en 1990 pour remplacer l’original afin qu’elle soit mise en sécurité. Cette porte mesure 5,21 mètres de haut et 3,21 mètres de large pour 11 centimètres d'épaisseur. Ce qui représente huit tonnes de bronze et d'or !

Légende : La Porte du Paradis du baptistère St-Jean de Florence.

...et toujours d’actualité

Mais les applications de la galvanoplastie ne se limitent pas aux musées et aux œuvres d’art. Regardez autour de vous, vous trouverez forcément un objet fabriqué grâce à la galvanoplastie. Stylos, trombones, bijoux, rasoirs, lunettes, robinets, la technique s’est généralisée. Ses avantages ? «Elle permet la fabrication d'objets de très haute précision et de forme complexe, annonce Jean-Claude Puippe, ingénieur en électrochimie. La galvanoplastie est présente dans toutes les technologies modernes de pointe. Elle a par exemple des applications dans le domaine médical, pour la restauration dentaire ou des composantes d’outils de précision, ainsi que pour les pièces de mouvement horloger, mais aussi dans le domaine spatial et la physique expérimentale.»

Grégoire Genolet est directeur technique chez Mimotec, une spin-off de l’EPFL qui conçoit des pièces de micromécaniques en utilisant la technologie UV-LIGA (combinant photolithographie et électroformage).

Jean-Claude Puippe est un spécialiste reconnu de l’électroformage, membre du conseil de direction chez Steiger Galvanotechnique SA, une entreprise qui réalise des traitements de surface galvaniques et électroformage.